Saint-Tropez : négociation forcée pour l’amour d’un saint patron.


 

 

 Saint-Tropez : négociation forcée pour l’amour d’un saint patron.

 

Parfois des faits "d’hiver" nous adressent des petits clins d’œils printaniers ! Saint-Tropez est plus connu pour ses nuits blanches et ses frasques estivales qui font régulièrement la une des magazines à sensation que pour ses querelles de clocher (le plus célèbre du monde). Aujourd’hui, comme le rappelle Var Matin, c’est le village entier qui se mobilise depuis des mois, contre un commerçant qui a déposé à l’INPI l’image du saint patron ainsi que la devise de la cité provençale. L’heure est à la négociation… version Pagnol ?

Un peu de soleil dans nos colonnes !

Direction Saint-Tropez qui doit sa gloire méritée aux plus célèbres peintres impressionnistes et au cultissime film de Roger Vadim : "Et Dieu créa la femme" qui lança la plus mythique de ses résidentes : Brigitte Bardot. Si Saint-Tropez est connue dans le monde entier pour sa dolce vita très people, elle l’est moins pour ses particularités et ses traditions culturelles qui illustrent toute la profondeur de son âme.

Le saint patron du village en est la figure emblématique: respecté, adoré et fêté… Et aujourd’hui commercialisé par un marchand du temple… Jadis, les gendarmes faisaient la chasse aux seins nus, maintenant c’est toute une cité qui se dresse contre celui qui voudrait attirer le chaland en son « Saint » !

Non seulement, ce marchand de maillots de bains a déposé à l’INPI l’image tri-dimensionnelle du Saint mais il a également déposé la devise latine de la ville. Une fois l'affaire éventée, le Maire exige que les deux marques soient radiées ainsi que la fin de leur exploitation commerciale. Une pétition en ce sens rassemble également 2 700 signatures de tropéziens et une action en justice est envisagée.

Mais voilà, le commerçant opportuniste ne semble pas pour autant renoncer à son « bon droit » et s’obstine derrière son « amour du village ». De part et d’autre, les avocats plaident leur bonne cause… L’heure est donc à la transaction. Et qui dit transaction, dit négociation et donc concessions mutuelles, voire contrepartie. Une négociation certes raisonnée, mais dans un climat peu raisonnable où l’affect prime. On peut également se poser la question de savoir comment on peut s’approprier ce qui est notoire.

Comme l’écrit judicieusement Var Matin : « ce serait peut-être plus judicieux d’abandonner ses marques, sans négocier, afin de dignement redorer son blason ».

Saint-Tropez : une image et une devise qui appartiennent à la collectivité et à ses habitants... et c'est du non-négociable.

Morale de l’histoire : on ne fait pas impunément le malin avec le divin et ce n’est pas bon pour le commerce !

 

écrit par Pascal Fournier à 09:30

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