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Lait : En pleine crise de l’élevage, et de négociations commerciales, Bel maintient ses prix d’achat.

Pascal Fournier

(Dépêche AFP, reprise par liberation.fr)

En pleine crise de l’élevage, et de négociations commerciales, le groupe Bel, poids lourd du secteur fromager a annoncé mercredi son engagement à maintenir le prix d'achat du lait aux producteurs à 300 euros les 1.000 litres, pour les mois de janvier et février. André Bonnard, secrétaire général de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait (FNPL), salue l’effort tout en soulignant « une façon de se mettre en bonne posture dans la négociation commerciale ».

 

Cette mesure vaudrait jusqu’à la fin février, mais «notre volonté est de poursuivre cet effort sur l’ensemble de l’année» a affirmé M. Lecomte, directeur général Europe du groupe Bel. Cependant, reconnait-il, cette annonce est également liée à la négociation sur les prix en cours avec les distributeurs: ouverte en novembre elle devra être conclue le 29 février, dans un contexte de guerre de prix qui pèse sur les transformateurs et donc, par ricochet, sur les producteurs.

« On est en cours de négociation et c’était important de rappeler notre engagement auprès des éleveurs, convient Etienne Lecomte. «On espère qu’elle nous permettra de poursuivre nos efforts sur la filière tout au long de l’année» a-t-il ajouté. Le groupe appelle d’ailleurs, dans son communiqué, «l’ensemble des acteurs (à) adopter une attitude responsable».

Dans un contexte mondial globalement défavorable, accentué par la fin des quotas de production laitiers au sein de l’Union européenne et une réduction des achats de la part de la Chine notamment, les cours du lait ont fortement baissé au cours des derniers mois et posent de graves problèmes de survie à de nombreuses exploitations.

La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) jointe par l’AFP a salué cette initiative: «c’est un effort de leur part et on apprécie le geste» a commenté son secrétaire-général André Bonnard avant d’ajouter : «Je l’apprécierais d’autant plus s’ils s’engageaient sur une durée un peu plus longue». Pour lui «c’est surtout une facon de se mettre en bonne posture dans la négociation commerciale: Bel fait ainsi savoir que lui maintient le prix». C’est aussi, estime-t-il, une façon de prévenir que si les pressions des distributeurs sur les industriels sont trop fortes les agriculteurs en feront les frais.

Remarque générale, dans un contexte aussi peu favorable à l'agriculture, l'expression "vache à lait" a t-elle encore un sens !

 

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