Il existe de nombreuses similitudes entre le jeu d’échecs et la négociation. A commencer par la stratégie qui souffle à la fois le chaud et le froid, qui oscille selon entre des positions défensives et offensives. Certes aux échecs, il n’y a qu’un gagnant, tandis que dans une négociation, chaque partie doit l’être. Si les buts ne sont pas les mêmes, les approches se rejoignent… Comme tout parallèle !

Quels enseignements retirer du jeu d’échec ? Tout d’abord la parfaite connaissance de l’adversaire. Qui est-il ? Quel est son profil ? Comment pense-t-il ? Quels sont ses goûts et ses usages ? Comment interpréter les signaux qu’il va émettre durant vos échanges. Bien sûr, il ne s’agit pas de se lancer dans une enquête de police mais tout simplement de tenter de savoir à qui l’on a affaire et d’adapter sa stratégie en conséquence, comme en fonction de ses réactions.

Connaitre les règles du jeu est une chose, les adapter à la négociation en cours en est une autre. La technique ne fait pas tout, la stratégie est essentielle. Toute négociation se prépare, s’anticipe, voire se planifie, tout en sachant qu’un imprévu risque toujours de s’y glisser. Aux échecs comme dans une négo, il faut toujours être capable de s’adapter, de rebondir, d’anticiper mais aussi de se délester tant que le sacrifice en vaut la chandelle. Autres vertus du jeu d’échecs : la patience qui vous impose d’abattre vos cartes au moment opportun, la créativité qui vous permet parfois de sortir d’un blocage ou d’une impasse.

Pour conclure, citons Elliot Papadiamandis, Maître international d’échecs âgé de 17 ans (!). Le témoignage de ce jeune prodige à la maturité inspirante connait depuis un mois un immense succès sur les réseaux sociaux : « Sur l’échiquier, il y a un art de commencer la partie, comme il y a un art de bien placer sa première balle de service. Dans ce face-à-face, on joue contre la montre, contre l’autre, mais aussi contre soi. Et là, ce que j’apprends, c’est au-delà de la technique. C’est un autre aspect du jeu. Je dois gérer le stress, des émotions fortes, ne pas lui laisser le dessus. Il faut riposter… Vite, mais intelligemment. Prendre du recul. Analyser. Rester solide aux commandes. Ce que je retire de mon expérience ? Ne jamais perdre l’objectif de vue, quels que soient les aléas. Entre ce qu’on a étudié, ce qu’on s’imagine prévoir et ce qui peut arriver, il y a un espace pour l’improvisation. Un chemin pour l’audace, l’intuition, la créativité ».

Du plateau de jeu à la table de négociation, que de chemins comparables et parfois hors des sentiers battus !

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