Présenté comme une nouvelle norme, aujourd’hui, on ne compte plus les entreprises qui font marche arrière.
Focus sur les négociations autour de ce sujet source de tension, qui révèle une multitude de négociations.
Longtemps présenté comme le futur du travail, le mouvement semble s’inverser : beaucoup d’entreprises demandent un retour plus fréquent au bureau, limitant le télétravail, voire l’interdisant complètement.
En parallèle, beaucoup de salariés considèrent désormais cette flexibilité d’organisation comme un acquis.
Alors, derrière le retour au bureau, y a-t-il une négo ?
Chez Scotwork, nous ne prenons pas position sur le “bon modèle”, même si nous ne sommes pas tous au bureau à Clichy chaque jour.
Certaines organisations fonctionnent très bien avec une forte présence sur site, d’autres avec davantage de flexibilité.
Mais une chose est certaine : nous observons que ce sujet déclenche de véritables négociations, parfois explicites, parfois plus implicites.
Avant de se plonger dans celles-ci, synthétisons les positions de chaque partie.
Quelles positions pour chaque partie ?
Pour les entreprises, le retour au bureau est souvent présenté comme un moyen de recréer du lien, de renforcer la collaboration ou de retrouver une dynamique collective plus intense. Et même si rarement affiché publiquement, il s’agit aussi parfois d’un sujet de contrôle et de management des effectifs.
Côté salariés, le monde évolue, et le rapport entre vie personnelle et travail évolue aussi. Le télétravail permet de mieux gérer son temps, de limiter les trajets, de travailler avec moins d’interruptions et de ne pas être dérangé en permanence.
Pour beaucoup, cette flexibilité n’est donc plus un avantage ponctuel, mais un élément important de leur organisation au quotidien.
Qui est concerné par cette négo ?
On va faire simple : tout le monde.
Tous les niveaux hiérarchiques et toutes les fonctions sont concernés, mis à part les métiers qui nécessitent obligatoirement une présence physique.
En 2026, la majorité des salariés sont concernés par le télétravail.
Il s’invite dans tous les secteurs et dans toutes les fonctions. Cette négociation ne concerne donc pas seulement une catégorie de salariés. Elle touche l’organisation du travail dans son ensemble.
À quoi ressemble la négociation ?
Ce sujet prend une multitude de tournures en négo.
Des NAO aux discussions formelles, jusqu’aux échanges complètement informels, la négociation autour du télétravail peut prendre une forme différente dans chaque société.
Et c’est ça, la richesse de la négo : il existe des variables différentes, qui permettent à chaque partie d’aller chercher de la valeur.
Elle est parfois collective, lorsqu’elle concerne l’organisation globale de l’entreprise.
Mais elle peut aussi être plus individuelle, lorsqu’elle se joue directement entre un salarié et son manager.
Pourquoi est-ce une négo ?
Parce que l’enjeu n’est pas de rendre la situation conflictuelle, ni de tomber dans des discussions stériles de type : “combien de jours de télétravail a-t-on le droit d’avoir ?”
Ces discussions, à tous les étages de l’entreprise, invitent au contraire à plus de créativité et à la génération de valeur pour chacun.
Aujourd’hui, toutes les parties étudient des variables à concéder, des variables à obtenir, et cherchent à faire un pas vers l’autre pour construire un accord plus équilibré.
Par exemple, un manager nous racontait avoir accepté davantage de télétravail pour son équipe, en échange d’une présence obligatoire sur certains temps clés de la semaine.
Voici une liste non exhaustive des variables à négocier en échange du télétravail :
- Présence obligatoire sur certains jours clés
- Disponibilité élargie sur certaines plages horaires
- Participation renforcée aux réunions d’équipe
- Déplacements plus fréquents chez les clients ou entre sites
- Acceptation d’objectifs plus ambitieux
- Plus grande autonomie dans la gestion des missions
- Flexibilité accrue pendant les périodes de forte activité
- Engagement sur des temps collectifs en présentiel
Le risque : transformer le sujet en rapport de force
Lorsque chaque partie reste figée sur sa position “retour obligatoire” contre “flexibilité absolue” le dialogue peut rapidement se tendre.
Comme souvent en négociation, rester bloqué sur une seule variable limite les options possibles.
L’enjeu consiste alors à comprendre les véritables intérêts derrière les positions affichées :
- Que cherche réellement l’entreprise ?
- Que veulent préserver les salariés ?
- Quels compromis peuvent créer de la valeur pour les deux parties ?
C’est souvent à ce moment-là que la négociation devient plus constructive.
Nous avons d’ailleurs observé récemment certaines sociétés adopter une approche très dure sur le sujet. Résultat : perte d’attractivité, baisse de motivation des collaborateurs et installation d’un véritable rapport de force devenu préjudiciable pour l’entreprise.
Mais l’inverse existe aussi.
Certains collaborateurs ont voulu imposer le sujet à leur entreprise, sans réelle discussion ni prise en compte des contraintes de l’autre partie, et cela s’est également mal terminé.
Ce que nous observons chez Scotwork
Chez Scotwork, nous constatons surtout que les entreprises qui gèrent le mieux ces sujets sont celles qui abordent le retour au bureau comme une discussion stratégique, et non comme une simple règle à imposer.
Car derrière le débat sur le télétravail, il y a en réalité des sujets beaucoup plus larges : performance collective, engagement, modes de collaboration, mais aussi confiance, autonomie et fédération des équipes.
Et comme dans toute négociation importante, la qualité du dialogue fait souvent la différence.