Votre client comprend pourquoi vos prix augmentent, mais refuse malgré tout. Identifier ce qui l’empêche d’accepter vous donne alors une véritable matière à négocier.
Vous pouvez parfaitement expliquer une hausse de prix et pourtant quitter la réunion sans accord.
Un client peut comprendre que vos coûts ont augmenté, reconnaître la valeur de votre service et souhaiter continuer à travailler avec vous, tout en n’ayant aucune marge de manœuvre dans le budget du trimestre en cours pour absorber cette hausse.
De votre point de vue, cette hausse est peut-être devenue indispensable. Votre entreprise absorbe depuis quelque temps l’augmentation des coûts et continuer à facturer au même prix devient difficile.
Lorsque vous en parlez enfin à votre client, cela fait peut-être déjà plusieurs semaines que la décision est discutée en interne.
Pour votre interlocuteur, en revanche, le sujet est nouveau. Et il doit peut-être gérer en parallèle des demandes similaires de la part d’autres fournisseurs.
Les Perspectives économiques de l’OCDE de juin 2026 montrent comment la hausse des coûts de l’énergie et d’autres intrants alimente l’inflation tout en pesant sur la croissance. Pour une entreprise confrontée à la fois à une augmentation de ses coûts et à des ventes incertaines, accepter de nouvelles dépenses peut être une décision difficile.
Votre client devra peut-être justifier cette hausse auprès de sa direction financière, revoir ses propres prix ou attendre la prochaine période budgétaire.
Comprendre ce processus vous permet de mieux évaluer si modifier le prix, la date d’application ou un autre élément de votre proposition pourrait faire la différence.
Donnez à votre interlocuteur une proposition qu’il pourra facilement présenter à ses collègues sans avoir à reconstruire tout votre argumentaire.
Précisez clairement le nouveau prix, les produits ou services concernés et la date d’application envisagée. Si la hausse de vos coûts fait partie de votre justification, expliquez en quoi elle affecte précisément ce compte, en distinguant les évolutions déjà confirmées des hypothèses concernant les coûts futurs.
Reliez également le prix à des éléments que le client connaît et valorise.
S’il dépend, par exemple, d’un accompagnement spécialisé ou d’un certain niveau de réactivité, expliquez ce qu’implique le maintien de ce niveau de service. Un interlocuteur qui doit justifier une dépense supplémentaire en interne doit pouvoir expliquer clairement ce que son entreprise obtient en contrepartie.
Une fois votre proposition présentée, laissez au client le temps de réagir.
Combler un silence en proposant immédiatement un prix inférieur risque de vous amener à négocier contre vous-même avant même de savoir ce que le client pense réellement de votre première proposition.
« Nous ne pouvons pas accepter cette hausse » laisse beaucoup de questions sans réponse.
Votre prochaine question doit vous aider à comprendre ce qui devrait changer pour que le client puisse envisager un accord.
À travers trois études, une recherche publiée dans Psychological Science a montré que le fait de prendre en compte le point de vue de l’autre partie aidait les négociateurs à identifier des accords qui, autrement, auraient pu passer inaperçus.
Objection : Nous n’avons pas de budget.
Question : Quand aurez-vous la prochaine possibilité de revoir votre budget, et qu’est-ce que cela implique ?
Objection : Un autre fournisseur est moins cher.
Question : Que comprend précisément son offre, et quelles différences comptent le plus pour vous ?
Objection : J’ai besoin d’une validation.
Question : Qui doit être impliqué dans la décision, et de quoi ces personnes auront-elles besoin pour se prononcer ?
Un acheteur qui attend une validation budgétaire peut, par exemple, avoir besoin que vous participiez à un échange avec l’équipe financière.
Imaginons que vous demandiez une hausse de 6 %, mais que le client ne puisse pas modifier son budget avant le trimestre suivant.
Proposer immédiatement 4 % ne règle pas nécessairement le problème : le client reste confronté à une dépense qu’il n’est pas en mesure de faire approuver.
Vous auriez alors accepté de réduire votre marge sans résoudre la véritable difficulté, qui est ici liée au calendrier.
En poursuivant la discussion, vous découvrez que le client serait en revanche prêt à s’engager sur un volume de commandes précis pendant six mois.
Cette visibilité pourrait être précieuse pour vos équipes opérationnelles. Vous pouvez donc évaluer si cet engagement compense le fait de repousser la hausse.
Si c’est le cas, votre proposition pourrait être la suivante :
« Si vous vous engagez sur le volume de commandes convenu pour les six prochains mois, nous pouvons maintenir le prix actuel jusqu’au prochain trimestre et appliquer la hausse de 6 % à partir de cette date. »
Attendre le trimestre suivant laisse au client le temps d’obtenir la validation de son budget, tandis que des commandes fermes donnent à vos équipes une visibilité sur laquelle elles peuvent réellement s’appuyer.
Il faudra toutefois convenir précisément des quantités et des dates, et vérifier que votre entreprise peut honorer ces commandes tout en préservant sa rentabilité.
Une prévision commerciale optimiste a moins de valeur qu’une commande sur laquelle le client s’est réellement engagé.
Gardez l’échange conditionnel. Le report de la hausse dépend de l’engagement de commande : les deux éléments doivent donc être présentés et acceptés ensemble.
Si le client ne peut pas s’engager sur ces volumes, demandez s’il peut plutôt revoir les conditions de paiement ou accepter un périmètre de service moins coûteux à délivrer.
Personne n’a envie de rouvrir la négociation parce que la première facture intègre une hausse que le client pensait voir appliquer plus tard.
Confirmez clairement la date d’entrée en vigueur, la manière dont les commandes déjà passées seront traitées et les engagements associés aux nouvelles conditions.
Si le client a encore besoin d’une validation interne, convenez de la personne chargée de l’obtenir et de la date à laquelle vous reprendrez contact.
Assurez-vous d’avoir obtenu cette validation avant de demander à vos équipes d’appliquer les nouvelles conditions.
Lorsque vous préparez votre prochaine hausse tarifaire, réfléchissez au processus de décision de votre client avec autant de soin qu’à vos propres coûts.
Anticipez les personnes qui devront être impliquées et laissez suffisamment de temps pour que votre proposition puisse être étudiée et validée en interne.
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