« Le mensonge est le seul privilège qui distingue l’homme de tous les autres organismes » écrit Dostoïevski dans Crime et châtiment. Si comme le rire, il est le propre de l’homme, à quoi le reconnait-on ? À une soudaine sudation, des rougeurs, un regard fuyant ? À ce fameux nez de Pinocchio qui semble pousser dès qu’il se développe ? En bref au langage corporel ? Une idée reçue ! Des études récentes tentent de démontrer qu’il est plus facile de démasquer un menteur par son langage verbal que par sa gestuelle.

Il serait donc plus facile de détecter un mensonge en écoutant son interlocuteur qu’en l’observant. C’est ce que vient de démontrer une étude du département de psychologie de Portsmouth. En effet, « les indices verbaux seraient plus révélateurs que les non verbaux et les gens détecteraient mieux les mensonges lorsqu’ils écoutent quelqu’un parler que lorsqu’ils observent son comportement ».

Les signaux corporels qui trahiraient les menteurs seraient en fait identiques à ceux qui disent la vérité : sudation excessive, anxiété, déglutir fréquemment, ne pas regarder dans les yeux. Une idée reçue pour les chercheurs, fondée sur la croyance populaire que les menteurs contrôlent parfaitement leur discours à l’inverse de leur attitude. Or, même les personnes disant la vérité peuvent faire preuve des mêmes signes de nervosité. L’amalgame est vite fait, d’autant que le menteur comme la personne sincère feront tout pour masquer ces mêmes signes… Objectifs différents mais effets similaires : manipuler pour le premier, cacher sa faiblesse pour la seconde.

Les indices verbaux seraient donc plus probants. La personne sincère reste coopérative, ouverte au dialogue et plus encline à fournir des informations. Tandis que le menteur sera plus réticent à donner des détails, esquivera les questions et bottera en touche dès qu’il sera en difficulté.

La parade ? Dans tout échange verbal, il est impératif de rester attentif aux signaux que renvoie son interlocuteur. Afin d’éviter de les interpréter faussement et de se tromper sur la personne, nous nous attacherons donc à ce qu’elle dit et à en jauger le sens. Cela passe par une vérification des « vérités » présentées : sont-elles crédibles, fondées sur des données et des faits réels ? Si l’on pousse ultérieurement son interlocuteur à reformuler ce qu’il a dit, redit-il les mêmes choses, même autrement, ou se contredit-il ?

Reste qu’une négociation n’est pas un interrogatoire de police. Mais la confiance et la bienveillance n’excluent pas la vigilance… Celle-ci passerait donc plus par la prise en considération de ce qui se dit, plutôt de ce qui s’observe.

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