Le spectre de la panne sèche de tout un pays, déjà au comble de l’exaspération, semble ce lundi faire entendre raison aux deux parties qui semblent avoir trouvé le chemin de la table de la négociation. « L’essence » même de ce préalable : des concessions mutuelles.

Pour infléchir les positions, la recette est bien connue : d’un côté, faire monter la pression en prenant les usagers et l’économie en otage, rebondir sur la médiatisation et les files d’attente qu’elle génère, conditionner le dialogue à une liste d’exigences en apparence inflexibles. De l’autre côté, la sourde oreille au motif d’efforts déjà consentis. Tout cela dans un contexte de super profits dans un secteur qui pèse lourd dans les dépenses des ménages, où certes, l’on recherche plus à alléger la facture finale, peut-être moins à redistribuer à l’interne une manne plus ou moins providentielle.

Comment sortir d’une telle situation de blocage, si ce n’est par des concessions. De toute évidence, la pression des pouvoirs publics et des élus y ont aussi leur part, mais enfin une « porte de sortie du conflit qui affecte les automobilistes » (Le Parisien) semble s’entrouvrir.

Ce samedi, la CGT proposait de limiter les discussions à la seule revendication salariale, abandonnant là, pour le moment (!), ses exigences périphériques en matière d’embauches et d’investissements. Ce dimanche, TotalEnergies annonçait dans un communiqué que « Sous réserve de la fin des blocages des dépôts et de l’accord de l’ensemble des partenaires sociaux, la Compagnie propose d’anticiper au mois d’octobre la Négociation Annuelle Obligatoire qui était prévue en novembre ».

De part et d’autre donc des concessions : pour la CGT, une seule revendication : une hausse des salaires de 10%. Pour le pétrolier, une avancée du calendrier légal des négociations tout en précisant que les salariés des raffineries avaient déjà reçu une augmentation de 3,5% ainsi qu’une prime liée aux résultats exceptionnels de l’entreprise.

Si nous sommes encore loin du terrain d’entente, l’avancée est cependant significative puisque c’est désormais autour d’une table de négociation que pourrait se résoudre ce conflit. Il aura fallu cependant plus d’une semaine de galères diverses et variées pour toute une population, pour que ces concessions préliminaires enfin s’imposent à la raison des protagonistes.

À l’aulne de cette actualité qui nous affecte tous, il nous paraît important de rappeler toute l’importance que revêt la concession dans la mécanique de la négociation. « La négociation est le procédé par lequel des parties en conflit ou ayant des différences d’intérêts ajustent leurs positions, en effectuant des concessions dans des zones de moindre importance, afin de les échanger pour des points plus importants ».

Ici, les concessions ont donc été un passage obligé pour nouer un dialogue nous l’espérons sans plomb… « super », ne rêvons pas !

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